Interview Haneta
1. À combien de manifestations êtes-vous allée cette année ?
Je suis allée à environ trois ou quatre manifestations en 2025.
2. Où trouvez-vous les informations liées aux manifestations ?
Je trouve généralement les informations sur les réseaux sociaux, soit directement, soit par l'intermédiaire d'amis qui les ont vues en ligne. C'est souvent le même petit groupe de personnes qui partage ces informations, et ce sont aussi celles avec qui je vais manifester.
3. À quel moment décidez-vous d'y aller ?
Je décide d'y aller lorsque la cause me tient vraiment à cœur. Il faut que ce soit un sujet important, qui nécessite que les gens se rassemblent, fassent du bruit et utilisent leur voix pour attirer l'attention. Si je sens que ma présence peut aider la cause, alors je participe. Il s'agit presque toujours de sujets politiques.
4. Est-ce que c'est toujours simple pour vous de vous y rendre ?
Oui, en général les points de rassemblement sont situés dans des zones centrales de la ville. Il suffit donc de prendre les transports en commun, et c'est assez facile d'y accéder.
5. Y a-t-il déjà eu des situations où vous vouliez participer mais où c'était compliqué ?
Oui, notamment lorsque j'obtiens l'information trop tard et que la manifestation a déjà commencé. Dans ces cas-là, c'est difficile de rejoindre le groupe, car on ne connaît pas l'itinéraire exact, on ne sait pas où se trouvent les manifestants et certaines rues peuvent être bloquées.
6. Quand vous vous préparez pour une manifestation, anticipez-vous les problèmes qui peuvent arriver ?
Oui, il y a toujours cette inquiétude que la situation puisse dégénérer, par exemple si des personnes ayant des opinions opposées viennent provoquer des tensions ou causer des problèmes.
7. Avez-vous déjà rencontré des problèmes importants lors d'une manifestation ?
Les problèmes les plus marquants que j'ai rencontrés étaient des personnes sur les côtés qui nous criaient dessus, parce qu'elles avaient des opinions opposées. Certaines prenaient aussi des photos, comme pour rassembler des preuves pour d'éventuelles enquêtes policières. Mais rien de plus grave que cela.
8. Pendant une manifestation, à quel moment vous sentez-vous le plus impliquée ? Pourquoi ?
Je me sens le plus impliquée lorsque je marche avec les autres manifestants en criant des slogans et en levant la voix avec des personnes qui partagent les mêmes convictions que moi. À ce moment-là, ce n'est plus une démarche individuelle : on a vraiment le sentiment de faire partie d'un groupe, presque comme une seule entité.
9. Quand quelque chose arrive ou change pendant une manifestation, comment vous en rendez-vous compte ?
Il n'y a pas vraiment de moyen précis. En général, l'information circule simplement de personne en personne, souvent par des cris ou des discussions, jusqu'à ce qu'elle arrive jusqu'à vous.
10. Manifestez-vous seule ou avec des personnes que vous connaissez ?
Je manifeste presque toujours avec un groupe d'amis, et c'est généralement le même groupe à chaque fois.
11. Comment décririez-vous les interactions entre les manifestants ?
Certains de mes amis ont parfois de vraies conversations avec des personnes qu'ils rencontrent en marchant à côté d'eux. De mon côté, les interactions sont plutôt subtiles : des regards, des sourires, une forme de reconnaissance mutuelle. On se comprend sans forcément parler, simplement parce qu'on est là pour la même cause.
12. Comment vous protégez-vous pendant une manifestation ?
Je n'ai jamais vécu de situations vraiment dangereuses. Ma principale préoccupation est d'éviter d'être photographiée sans mon consentement. Lorsque je vois des personnes documenter la manifestation, je cache souvent mon visage, car je ne souhaite pas apparaître sur des photos.
13. Y a-t-il une manifestation en particulier qui vous a marquée, positivement ou négativement ? Pourquoi ?
Toutes les manifestations laissent une trace. Elles ont souvent un impact négatif dans le sens où elles rappellent des réalités difficiles et ce qui ne va pas dans le monde. Mais elles ont aussi un impact positif, car elles donnent le sentiment d'agir, de prendre les choses en main et d'essayer de faire une différence. C'est un sentiment assez contradictoire : on se sent à la fois impuissante et pleine d'espoir.
14. Selon vous, qu'est-ce qui détermine qu'une manifestation est réussie ?
Une manifestation est réussie lorsqu'un grand nombre de personnes y participent, ce qui dépend beaucoup de la qualité de l'organisation. Il faut que l'information circule bien : le jour, l'heure et le sujet doivent être clairs. Plus il y a de monde, plus la mobilisation est visible et plus l'attention du public est attirée. Je me souviens d'une manifestation en hiver où un discours avait lieu avant le départ. Il a duré trop longtemps, tout le monde avait froid et c'est devenu difficilement supportable. Cela montre que l'organisation doit aussi prendre en compte des éléments comme la météo.
15. Que faites-vous après une manifestation ?
Je rentre généralement directement chez moi.
→ Est-ce facile de rentrer chez vous ?
Oui, en général il suffit d'attendre que la situation se calme. Les tramways et les bus sont parfois perturbés, mais le métro fonctionne normalement. Tout rentre assez vite dans l'ordre après une manifestation.
16. Comment vous sentez-vous après une manifestation ?
Honnêtement, je me sens très fatiguée. Il y a beaucoup de stimuli : le bruit, les cris, la foule, et le fait de marcher longtemps. C'est physiquement et mentalement épuisant.